Le 22 long rifle avec lequel le père de famille s'exer?ait dans un club de tir à Nantes.
Crédits photo : JEAN-SEBASTIEN EVRARD/AFP
PORTRAIT - Le meurtrier présumé de sa famille a été marqué par une mère très croyante et un père volage ayant déserté le foyer familial.
Moins d'un mois après les assassinats de sa femme et de ses quatre enfants, Xavier Dupont de Ligonnès est déjà cité dans l'encyclopédie en ligne, Wikipédia. L'histoire y est relatée avec prudence en quelques pages et la description de ce père de famille tient pour l'heure en quelques lignes: ?Il a créé plusieurs structures sans succès.? Un portrait qui n'est qu'une vague ébauche de cet homme au perpétuel double visage.Né à Versailles le 9?janvier 1961, Xavier Dupont de Ligonnès fréquente avec ses deux sœurs les bonnes familles et les établissements catholiques de la ville. Comme dans d'autres foyers versaillais, le poids de la religion est fort chez les Ligonnès. La mère, Geneviève, est particulièrement pieuse. ?C'est une femme très mystique?, confirme un membre de la famille.
?Farceur? et ?généreux?
Mais assurément, Dieu pèse lourd sur les épaules de Xavier de Ligonnès. Sur des sites catholiques où il s'est récemment exprimé, il revient sur cette enfance qui s'est écoulée au rythme des prières. ?Se lever à 6?heures au lieu de 7?heures pour aller à la messe avant d'aller à l'école, faire des retraites dans des abbayes, conna?tre par cœur sa messe aussi bien en latin qu'en fran?ais?, égrène-t-il, comme autant de contraintes. L'écrivain Bruno de Stabenrath, qui a partagé avec lui les bancs du collège Saint-Exupéry, nuance le portrait caricatural que l'on pourrait faire de son ami. ?Bien s?r, la religion était présente. Mais Xavier s'en méfiait comme son père?, dit-il. Un père qui est décrit comme ?un play-boy, un homme à femmes et qui a déserté le foyer quand le jeune Xavier avait une dizaine d'années?. Une rupture douloureuse. ?Mais Xavier continuait à le voir seul à chaque fois, car, disait-il, c'était son histoire?, poursuit Bruno de Stabenrath. à 18 ans, ce père parti en Afrique offrira à son fils une Triumph. Un joli bolide pour parader dans les rues. ?Xavier était bon vivant, farceur, généreux?, se souvient l'écrivain.C'est à Versailles que ce gar?on qui devient vite l'homme de la maison croise le chemin de celle qu'il épousera par la suite: Agnès. Ils se rencontrent vers 18 ans, puis se quittent. Quand il la retrouve quelques années plus tard, la jeune femme a donné naissance à Arthur, l'enfant d'un autre homme. Une situation qui heurte les convenances versaillaises, mais qu'importe. Xavier épouse Agnès. Le couple quitte la région parisienne et s'installe tout d'abord dans le Sud. ?Draguignan, Lorgues, Sainte-Maxime, Vaison-la-Romaine?, résumait ainsi Agnès sur le site ?Copainsdavant?. En parallèle, la famille s'agrandit avec la venue de trois autres enfants, Thomas, Anne, Beno?t. Puis ce sera Pornic et enfin Nantes en 2003.
Dans cette ville, les Dupont de Ligonnès ont tout de la famille bourgeoise: une belle maison dans le quartier cossu donnant sur le boulevard Robert-Schuman, quatre voitures, des enfants inscrits dans des établissements catholiques, une mère pratiquante qui enseigne le catéchisme au lycée Blanche-de-Castille, un mari absent en raison de ses affaires florissantes. Dans la famille Ligonnès, ils sont même per?us comme un modèle d'équilibre. Leur bonheur est classique mais solide. Les deux labradors courent ainsi dans le jardin, les copains des enfants viennent volontiers dans cette maison accueillante. Comme tant d'autres adolescents, les trois a?nés sont sur Facebook et offrent sur leur page d'accueil des mines radieuses. ?J'avais au moins une fois par an Xavier au téléphone et à chaque fois, il me disait que tout allait bien?, raconte Bruno de Stabenrath.
Sauver les apparences
L'image rassurante de cette famille a été détruite par celui qui s'était évertué à la batir. Soup?onné d'avoir décimé ses proches début avril, Xavier Dupont de Ligonnès a fait voler en éclats ce qui n'était en fait qu'apparence. En trouvant les corps enterrés dans le jardin de la maison le 21?avril, les policiers ont aussi commencé à découvrir l'envers du décor. Les activités professionnelles obscures de ce père de famille dont aucune ne décollera, 4000?euros déclarés l'an passé et un foyer endetté. Au sein de cette famille en apparence si tranquille, quelqu'un savait qu'à tout moment tout pouvait s'écrouler. Agnès, la pieuse épouse, tremblait en voyant l'argent du foyer fondre comme neige au soleil. Dès 2002, elle s'était inquiétée du fait que son mari ne gagne pas assez d'argent et ait dilapidé son propre héritage. Par mail, elle s'en était ouverte à une amie d'enfance. Mais Xavier de Ligonnès avait sans doute pensé avoir sauvé les apparences en envoyant aussit?t un message rassurant. Il ignorait sans doute que son épouse, en se servant de divers pseudonymes, criait sur différents sites sa détresse et son ennui.Xavier de Ligonnès, qui menait aussi une double vie, redoutait-il que la vérité éclate cette fois au grand jour? Une ma?tresse auprès de qui il avait emprunté 50.000?euros lui avait récemment réclamé son argent en engageant une procédure judiciaire. Patiemment et avec méthode, il aurait donc préparé la destruction de son foyer. Tué femme et enfants en se servant d'une arme à feu. Et devenir l'homme le plus recherché de France.
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